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Train Hanoï-Pékin | ![]() |
Pékin, le 23 mai 1997
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55 heures pour un empire | ![]() |
C'est nouveau. Depuis la normalisation des relations entre la Chine et le Vietnam, un train permet de rallier Hanoï à Pékin. Quelques inconforts à la douane, quelques heures d'attente à la gare de Nanning, quelques crachats chinois à en dégoûter les plus endurcis. Mais somme toute, une fabuleuse échappée belle qui permet de traverser toute la Chine, du sud au nord. En route. Pour 55 heures... |
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La diplomatie sur les rails. Quelques décennies et de nombreuses anicroches plus tard, en avril 1996, les gouvernements chinois et vietnamiens donnaient enfin leur accord. La ligne Hanoï Pékin allait pouvoir reprendre du service. Deux fois par semaine, un petit train démarre de Hanoï, s'arrête trois heures à la frontière, repart vers la première grande ville chinoise puis devient un long convoi de plus d'un kilomètre de long. Petit train vietnamien devient grand train chinois. Une ligne reprend du service. Un voyage fabuleux aussi. Au milieu des plaines surgissent des aiguilles de rocaille, grises ou verdoyantes selon l'endroit. A leurs pieds, les rizières à étages s'étendent à perte de vue, incroyablement vertes, mélange de la ligne droite des plants et de la courbe des plantations. Des ronds jaunes, les chapeaux de paille des paysans chinois, émergent de cette marée verte. Hommes, femmes et enfants... Ils sont tous courbés dès l'aube, attentifs aux moindres besoins de l'impérieuse céréale. Très peu de machines dans ces rizières : les buffles servent à labourer. Les mains d'hommes feront tout le reste : la plantation, le repiquage, la récolte et le battage du grain. | ![]() |
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Attraction gratuite. A chaque gare
traversée, le ballet des passagers est effarant. La
foule se masse sur les quais, prête à prendre d'assaut
le train. Pour un voyage de 55 heures, l'important est de
ne pas être debout. Malheur aux derniers, ils arriveront
les derniers et seront ![]() |
Une ville comme un roman. Trois
coups de sifflets. Le train s'arrête dans un sursaut.
Cette fois, c'est terminé. Nous venons de longer des
kilomètres de banlieue morne, genre HLM construites par
un urbaniste stalinien en folie (et en fonds) des années
70. La loco s'arrête. ![]() |
Pratique
Comment prendre ce train ? Rien de
plus simple. En arrivant à Hanoï, passer au consulat
chinois pour obtenir le visa. Compter 20 dollars, le
remplissage d'un formulaire et trois jours d'attente.
Muni de ce viatique, se rendre à la gare de Hanoï
(facile, il n'y en a qu'une) avec un million ![]() |