Trois classes dans la même salle. Dans les
écoles publiques de filles et de garçons, la réalité
est un peu moins rose. Mais on a vu bien pire. Les
immenses salles accueillent parfois trois classes, soit
près de deux cents élèves, tous en même temps. Les
instits doivent sacrément pousser leurs voix pour
couvrir le brouhaha ambiant. Luxe rare dans les pays en
voie de développement : chaque élève peut cependant
s'asseoir sur un banc et écrire sur une table. On est
loin des écoles pakistanaises, où les gamins étaient
assis par terre et en plein air. Chacun possède un livre
et des cahiers. A l'école « Government
girls high school » de Quilon (l'équivalent d'un
collège), les filles arrivent à 9h30 le matin, toutes
vêtues de leurs uniformes : jupes vertes, rubans dans
les cheveux et chemises blanches pour les filles. En
face, l'école pour garçons voit défiler un bon millier
de garçons, vêtus de shorts et de chemisettes. Tous
suivent sept périodes de 40 mn : maths, sciences,
éducation civique, mais aussi des cours de langues. Ils apprennent la langue de
leur province, le « malayam » et s'enquillent
aussi des cours d'hindi et d'anglais, les deux langues
officielles d'un pays qui compte des centaines de
dialectes. A 12h30, les petits trilingues déjeunent dans
la cour, sous l'oeil bienveillant de la statue du Mahatma
Gandhi. Chacun sort sa gourde et son casse-croûte, les
plus rapides en profitent pour faire une partie de
cricket. Une organisation caritative distribue trente
repas, qui sont distribués à soixante enfants :
« Les portions sont grosses » La directrice
veut rassurer... A 13h30, les petits ventres pleins ou à
moitié pleins retournent sous les ventilateurs des
salles de classe pour les trois périodes de
l'après-midi. A 15h30, c'est fini. La plupart marchent
jusqu'à la maison. Les enfants de pêcheurs vont
chercher le ferry qui les ramènera dans leur village. |