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Panache de la gloire passée. Les
bonzes prennent la tête du cortège, aspergés
par de vieilles femmes qui purifient leurs
péchés en arrosant cette fois les hommes
saints. Ils sont suivis par les plus belles
filles de la ville, montées sur un char
représentant la divinité de la nouvelle année,
par Pou Nyeu et Nya Nyeu les ancêtres
légendaires de la ville, puis par des orchestres
traditionnels. La foule suit. Toute de ferveur et
de recueillement. Ce soir, les familles partiront
construire un stupa (un reliquaire
bouddhiste) de sable sur les bords du fleuve,
demandant ainsi l'absolution de leurs péchés.
Ils achèteront des oiseaux, des tortues ou des
poissons, pour ensuite les libérer et célébrer
le respect de toute forme de vie prêché par
Bouddha. Et ils attendront avec impatience le
point d'orgue des festivités : la possibilité
d'arroser le Prabang, le bouddha d'or fin
qui a donné son nom à la cité. |
Et quel décor pour ces festivités : un
théâtre de collines boisées et verdoyantes, le
Mékong qui s'écoule au bas des pagodes en
courbes tranquilles, des myriades de temples
bouddhistes au panache indéniable, des rangées
de frangipaniers qui colorent l'air façon amande
douce... Luang Prabang a toujours été réputée
pour sa douceur de vivre et son activité
religieuse et culturelle. Avant la révolution
communiste de 1975, la ville abritait la
résidence du roi Sisavang Vatthana, mort depuis
en exil dans une grotte du nord du pays.
Détrônée de son statut historique, essayant de
toutes ses forces de rester indifférente aux
bouleversements de la révolution menée par le
Pathet Lao, la cité s'est endormie sur ses
trésors. Il aura fallu attendre la réouverture
du pays, à partir de 1990, pour que le ciel soit
à nouveau troublé par l'arrivée des coucous de
la flotte de Lao Aviation, cinq ou six copies
chinoises d'Anotonov soviétiques. |
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