Corto sur
Koh. Du coup, les familles ont elles-mêmes
monté leurs guest-houses : quelques bungalows plus ou
moins rudimentaires plantés face à la mer. Les prix sont restés très bas,
la cuisine familiale et les nuits calmes. Dans la
journée, les ouvriers agricoles continuent à cueillir
les noix de coco, dont deux millions sont exportées
chaque mois à Bangkok. D'autres fruits tropicaux sont
aussi cultivés, comme le durian, le rambutan ou le
langsat. Les temples élèvent leurs toits inspirés au
dessus des cocotiers. N'en déplaise à ses détracteurs,
chacun trouvera à Koh Samui ce qu'il est venu y
chercher. Les vieux babas trouveront de jeunes oreilles
compatissantes qui accepteront d'héberger pour quelques
heures leurs plaintes éternelles. Les touristes made in
tours-operators, à peine débarqués de l'avion, se
planteront pour la semaine sur un coin de plage
magnifique. Les enfants construiront des châteaux de
sable qu'une douce marée détruira chaque soir. D'autres
partiront plus loin, là où l'eau est plus bleue, les
nuits plus calmes, les plages plus désertes et les
bungalows plus inconfortables. A Chaweng, un hôtel du
bout de la plage essaie comme il peut de vendre sa part
de rêve. Les propriétaires ont baptisé
l'établissement " Hôtel Corto
Maltese ". Les détritus jonchent la plage. Les
flaques de fuel asphyxient les squelettes de coraux. Hugo
Pratt n'y retrouverait pas ses petits. La
" Balade de la mer salée " chère à
Corto, il faut désormais aller la chercher un peu plus
loin. Mais elle vaut toujours le détour. |