Douce
France. Déjà, Louis XVI s'intéressera
brièvement au Vietnam, royaume indépendant riche en
promesses. Mais c'est avec l'avènement du Second empire
que la France commencera à prêter une réelle attention
à l'Indochine, au nom du commerce, de la patrie, des
idéaux. Et accessoirement du catholicisme. Amen : Saigon
tombe aux mains des troupes françaises en 1859. C'est le début d'une
colonisation qui durera plus d'un siècle. Les églises
se construisent, sans jamais vraiment menacer le
bouddhisme, largement majoritaire. Surtout, l'affaire se
révèle diablement rentable. Les Français exploitent
fiévreusement les mines de charbon, d'étain, de
tungstène, s'octroient le monopole sur l'alcool, le sel
et l'opium et mettent sur pied d'immenses plantations de
thé, de café et de caoutchouc. Forcément, les
Vietnamiens se lassent rapidement. Envoyés en France
pour y étudier, certains, comme Ho Chi Minh, y
découvrent la liberté politique. L'hostilité à
l'égard des Français s'accroît. Les mouvements
nationalistes essaiment. Le leadership d'Ho Chi Minh
émerge. La seconde guerre mondiale éclate. Les Japonais
débarquent. La France récupérera son territoire en
1946, pour mieux le perdre ensuite. Car la soif
d'indépendance est désormais trop importante pour que
la France puisse la contrôler. En novembre 1946,
Haiphong est bombardée sous d'obscurs prétextes. Des
centaines de civils meurent. Quelques semaines plus tard,
le Viet Minh communiste de Ho Chi Minh riposte à Hanoï.
Le conflit éclate, il durera huit ans. La claque finale
aura pour cadre Dien Bien Phu. Le 7 mai 1954, après un
siège de 57 jours, plus de 10.000 soldats français à
moitié morts de faim se rendent au Viet Minh. Le
lendemain, les pourparlers de paix s'ouvrent à Genève.
Le pays est temporairement divisé en deux : communistes
au nord du 17ème parallèle. Anticommunistes au sud.
Trente-cinq mille soldats français sont morts au
Vietnam. Les pertes du Viet Minh sont encore plus
nombreuses. Les accords de paix sont fragiles. La guerre
qui s'annonce sera encore plus meurtrière. Cette fois,
les Français la suivront sur leurs écrans de
télévision. |