Deux exemples d'écoles connectées

L'école primaire Henri Wallon à l'heure anglaise

"Bip" : un simple son et Antoine, 11 ans, sursaute joyeusement : « Ca y est, on est connecté ! ». A l'oreille, ce jeune garçon peut maintenant reconnaître le signal d'une connexion réussie. Antoine sait que l'un des quatorze ordinateurs de la salle informatique de son école primaire, située à Valenton, en banlieue parisienne, vient de se relier à l'Internet. La toile d'araignée que représente Internet n'est pas étrangère aux enfants de l'école Henri Wallon : « Les messages sont envoyés dans les fils du téléphone à Jussieu puis en Angleterre. Et ça va très vite ! ». Depuis une semaine, tous les élèves ont accès à Internet. Un outil qui sera utilisé pour initier les enfants aux langues étrangères, grâce au courrier électronique. "L'e-mail", en langage Internet, c'est rapide, peu onéreux et cela permet de voyager. En juin dernier, les enfants ont ainsi dialogué "on-line" avec des petits Britanniques de Sunderland, près de Newcastle (nord de la Grande-Bretagne). Questions en anglais, réponses en français, échange de photos numérisées...

Cachée derrière de grands immeubles et un centre commercial, Henri Wallon est une école à part : outre son tout nouvel accès à l'Internet, elle possède l'une des salles informatique les mieux équipées de l'académie de Créteil. L'école est pourtant classée en Zone d'Education Prioritaire (ZEP). Son côté "high-tech" doit beaucoup à Michel Monteil, l'instituteur supplémentaire dont bénéficie toute école classée en ZEP. Et Michel Monteil, en accord avec l'équipe pédagogique, passe l'essentiel de son temps à enseigner l'informatique, ou plutôt l'utilisation de l'outil informatique, aux enfants. Sous son impulsion, les écoliers passent chaque semaine au moins une heure devant les écrans. Avec leur souris et leur clavier, les plus petits se passionnent pour les jeux de logique, de couleurs ou de réflexes. Les plus âgés se décarcassent sur des exercices de mathématique, d'orthographe ou de grammaire. Tous ces logiciels d'Enseignement Assisté par Ordinateur (EAO) ont été programmés par Michel Monteil. Patient avec les enfants, il l'a aussi été, le soir, devant son clavier pour mettre au point ces programmes. Des logiciels que les autres enseignants peuvent paramétrer et qui se revendent, par le bouche à oreille, dans les écoles du département. L'histoire a commencé voilà onze ans, quand l'ordinateur est entré dans l'école Henri Wallon grâce au plan "Informatique pour tous", mis en place en 1985 par le ministère de l'Education nationale dans toutes les écoles qui en ont fait la demande. Ici, la greffe a pris : en 1989, cinq ordinateurs Amstrad, plus perfectionnés, sont venus remplacer les micros français. Deux ans plus tard, le maire de Valenton, "impressionné par le travail des enfants" , donne son coup de pouce : cinq PC arrivent dans la salle que l'école consacre désormais aux ordinateurs.

Tout était donc prêt pour passer à l'étape suivante: Internet. Une tâche ardue, puisque le Ministère de l'Education nationale a choisi de privilégier les collèges et les lycées. A Henri Wallon, on se devait pourtant de faire la demande. Quatre mois plus tard, l'école était connectée.

Internet est surtout un prétexte pédagogique qui permet de développer l'expression écrite, à travers les dialogues noués avec d'autres enfants de la région, d'Angleterre, du Canada, et même du Japon. A moyen terme, l'école envisage également de proposer, en ligne, le journal réalisé par les enfants. Mais pas question de surfer sur le Web, où le coût des communications est rédhibitoire. Et de toute façon, selon Michel Monteil, les sites dédiés aux enfants sont encore trop rares.

Collège du vieux Colombier au Mans

A la rentrée, les élèves de l'école primaire du Vieux Colombier ont inauguré 7 ordinateurs connectés en réseau local à l'Internet. Dix autres collèges participent également à ce premier projet de connexion à Internet de cette région, fief du ministre des télécommunications, François Fillon. Ces écoles, reliées entre elles, utilisent leur équipement à des fins pédagogiques s'articulant autour de deux thèmes. L'un, commun à chaque établissement, a pour but de favoriser l'apprentissage des langues; l'autre, spécifique, concerne des domaines comme la santé, l'environnement, l'architecture ou l'aide humanitaire.

Les critères qui ont prévalu dans le choix de ces écoles ont été leur répartition géographique mais surtout la motivation des chefs d'établissement et de leur équipe. Au Vieux Colombier, les professeurs investis dans le projet sont peu nombreux mais fermement décidés à mener à bien leur entreprise. Monsieur Parasie, professeur de lettres, assure le relais pédagogique grâce à ses compétences de formateur et Madame Janvier, professeur de maths, anime un atelier d'astronomie et prévoit de publier en ligne la revue Pégase, entièrement écrite avec ses élèves. « Pour étudier les astronomes au XVIe siècle, par exemple, nous allons chercher de l'information sur Internet et correspondre par e-mail avec la Pologne, le Danemark ou l'Italie » , explique Madame Janvier. Sa mission, pourtant, dépasse le cadre de l'animation de l'atelier. «  C'est le rôle de l'enseignant d'apprendre à utiliser cet outil, non seulement pour la pratique mais aussi pour une question de déontologie. Il faut réfléchir aux dangers de ce nouveau mode de communication. C'est pourquoi une instance compétente devra valider l'information diffusée sur le Web. »

Dans un premier temps, c'est l'université du Maine qui leur fournit l'accès et, dès le mois de juin prochain, l'académie bénéficiera d'un serveur dédié.

[Etat des lieux] [Ressources pédagogiques] [Les écoles branchées] [L'école de demain]


Page d'accueil Carnets de routeL'école en AsiePortraits de journalistesTéléchargez le journalDernières nouvellesGarder le contact